La Minute de Poésie

[suite de "Heureusement que les blogs existent"]

Hé oui, je vous envahis avec mon cerveau et son fonctionnement. C'est un pavé, bonne lecture! C'est ls vacances, le weekend, pas grand chose à faire donc voilà... Je m'amuse à m'"analyser", si on peut dire les choses ainsi.


Je suis assez désordonnée. Je ne parviens pas à faire de plans sur l'avenir, ni à garder une pièce impeccablement rangée. Bon ce n'est jamais le grand foutoir, heureusement.
D'un autre côté j'aime la structure. J'aime les choses structurées. Le manque de structure me perturbe et peut me perdre. Un texte sans mise en forme me demande un effort considérable. Un cours donné sans structure précise, c'est comme écouter des mots balancés au hasard. Cela peut me perdre, et je perds ma concentration. Ce pourquoi j'ai parfois du mal à prendre des notes. C'est peut-être aussi pour ça que je me sentais à l'aise dans le système scolaire. Les cours sont précis, avec une structure précise.

J'ai une manière de faire certaines choses. Cela peut paraître idiot. Mais un changement ou une perturbation dans l'engrenage, et je peux rester bloquée sans savoir quoi faire pendant quelques minutes. Un exemple tout bête, mais qui montre bien l'état des choses. Au boulot, on a des éponges rouges pour les toilettes et bleues pour les tables. Dans ma tête, c'est bien ancré. Quand on manque de rouges, et qu'il y a les toilettes à faire, je reste interdite quelques instants, en me demandant quoi faire. C'est con, parce que bleue ou rouge, une éponge est une éponge, en plus elles sont lavées, donc on s'en tape... Oui mais non. Bon, cela arrive régulièrement, donc j'ai pu m'y faire. Mais j'ai toujours un coin de mon esprit qui me dit "nan c'est pas bien!" quand je dois prendre une bleue parce que y'a plus de rouge, et inversement. Cela me perturbe.
Je vous avais prévenus, c'est idiot!

Quand j'ai un autocollant, il m'est difficile de m'en débarrasser, même si je n'aime pas le motif, même si je me fous royalement des autocollants. Quand j'en ai un, je dois le coller. Ce pourquoi il y a une pomme Apple, et un logo de l'Université collés sur mon ordi. C'est étrange.
Ce sont des petites manies qui n'aiment pas être perturbées.

Un truc encore plus con... Sur un forum, quand un message est en annonce et que je considère ce message comme moins important que le message qui se trouve en post-it, je trouve la hiérarchisation absurde, et pour moi, le message le plus important doit être en haut. C'est comme ça. Cela me perturbe. J'ai même demandé à un ami de faire le changement, parce que ça virait à l'obsession.
Un texte n'est pas structuré, je ne le lis pas tant qu'il ne l'est pas. Vous savez maintenant pourquoi il y a autant d'espaces dans mes articles!

En dehors de ça, je peux paraitre anarchiste et désorganisée. Je pense la plupart du temps au présent, j'ai du mal à voir dans l'avenir. Faire des plans précis sur les prochaines années et essayer de m'y tenir m'est quasiment impossible. Je peux avoir des ambitions, et essayer d'y parvenir, mais ça reste flou, et généralement, je ne sais pas vraiment comment faire.

Dans un tout autre ordre d'idée, je passe pour quelqu'un qui écoute et qui comprend. Je peux vite me lasser d'écouter. Je peux comprendre aussi. Mais si je n'ai aucun point de référence, il m'est parfois impossible de compatir. Cela passe pour de l'indifférence. C'est seulement un manque d'empathie. Ce qui peut rendre les situations assez bizarres. Parfois, je n'ai pas ce manque d'empathie, et je me sens proche des autres, et alors les soutenir ou les consoler n'est pas vraiment un problème. Mais quand j'ai ce manque de référence, c'est comme si je venais d'une autre planète et je ne sais pas quoi faire, ni quoi dire.
D'ailleurs, j'ai souvent l'impression de venir d'une autre planète. Je ressens souvent ce décalage entre les autres et moi.

Ce n'est pas vraiment un problème de se faire de nouvelles connaissances, de nouveaux amis. Mais souvent, c'est assez superficiel, et je peux me lasser. La découverte du début est finie, et parfois y'a rien à dire. Finalement, il n'y a pas beaucoup de personnes avec qui je reste en contact à travers les années. Et même avec les amis qui ont été des amis proches, je ne reste pas forcément en contact avec.
Cela ne me vient tout simplement pas. Ecrire, téléphoner, donner des nouvelles, ce n'est pas quelque chose qui me vient forcément naturellement. Pourtant j'aime ma famille et mes amis. Mais c'est comme si quelque part je pensais que c'était évident qu'il sachent que je vais bien et que je n'avais pas besoin de le dire. Bizarre.

Il y a un truc aussi, qui m'a été reproché plusieurs fois: je ne regarde pas forcément mes interlocuteurs. Ce n'est pas un manque de politesse, ou un manque de respect. Enfin, c'est peut-être perçu comme ça, mais ce n'est pas volontaire. Dans ma tête, quand on parle, le plus important est d'être entendu, pas d'être "vu". Enfin c'était ma vision des choses, aussi regarder mon interlocuteur, je le faisais, ou non, sans me soucier du reste.

J'ai parfois du mal à voir dans les expressions des autres ce qu'ils peuvent ressentir. Tout comme il m'est difficile de leur donner un âge. "tu me donnes quel âge?" Haha, la question... en général, c'est du pifomètre. La communication avec le monde qui m'entoure est un exercice parfois fastidieux. Quand on n'a pas la même mentalité ou la même maturité, ou tout simplement pas les mêmes centres d'intérêt que les autres, le décalage peut parfois être énorme. Je n'ai pas de grands souvenirs de mon enfance (oui je me fais vieille!) Mais je me souviens avoir été plus intéressée par les maths et la physique que par autre chose, quand j'étais au collège.
Quand j'avais 7 ans, je demandais des devoirs de math supplémentaires. Je remplissais des devoirs de vacances.
Je faisais les annales de math pour m'amuser.

En revanche, la lecture, j'ai eu du mal à m'y intéresser. Les cours de français étaient ambivalents. J'adorais la grammaire et l'orthographe. Le reste... Relever les subtilités d'un texte était assez compliqué. J'avais horreur de lire à voix haute. Bien que je sache lire sans problème (quoi que à bien y réfléchir, je lis quand même lentement, je saute des lignes, doit relire des mots plusieurs fois, je perds aussi ma concentration au milieu de la phrase, je dois relire un paragraphe entier, etc.), je butais tous les deux ou trois mots, alors que les autres lisaient à voix haute d'une manière fluide. Je me souviens avoir commencé à vraiment m'intéresser à la lecture vers l'âge de 15 ans, et à prendre vraiment plaisir à lire des textes littéraires ou philosophique vers 17 ans.
Ma prof de français, quand j'avais 14 ans, m'avais dit que la grammaire, c'était comme les maths. C'est mon côté logique. J'apprends toujours d'autres langues, et je suis plus absorbée par la grammaire des langues que j'apprends que par le reste. Ce qui fait que je suis bonne à l'écrit et moins bonne à l'oral.
La première fois que j'ai entendu l'expression "emballer un mec", je suis restée interdite avec en tête l'image d'un mec mis dans un carton. Je n'ai compris qu'avec les moqueries des autres que ça voulait dire autre chose. Oui excusez mon manque d'expérience à l'âge de 12 ans. Huhuhu.

J'ai un esprit logique. Les exercices de maths, les Lego, les Mécanos, m'ont toujours amusée quand j'étais enfant.
J'étais bonne en sport d'équipe, quand les équipes étaient réduites. Je pouvais voir qui était où. Mais alors un vrai match de foot avec 11 joueurs dans chaque équipe, et j'étais perdue, complètement perdue. Plus aucune vision du jeu. Et quand j'avais le ballon, je ne savais plus quoi en faire. La balle au prisonnier, j'étais assez mauvaise, sans compter que je n'ai jamais vraiment compris toutes les règles.
Expliquer des trucs aux autres... c'est parfois compliqué, donc.

J'ai toujours eu des amis, j'ai toujours pu jouer avec, discuter avec, même si parfois je ne comprenais pas vraiment les jeux auxquels nous jouions. Par exemple, un jeu qui avait l'air assez simple, impliquant plusieurs participants et une corde à sauter... Je n'ai compris qu'à force de jouer. Je me rends compte que parfois, mon comportement tenait plus du mimétisme que d'autre chose.
J'ai toujours aimé me retrouver à dessiner, m'inventer des histoires.
A vrai dire, il y a toujours un film qui joue dans ma tête. Il y a toujours eu cette imagination hyperactive. Je peux parler aux autres, interagir, etc, il y a toujours une autre histoire dans ma tête. Pour faire simple, c'est comme regarder deux chaînes de télévision en même temps, tout en zappant régulièrement. Mes idées se suivent, sans forcément s'assembler, se ressembler. Je suis très distraite, n'entends pas forcément ce qu'on me dit, et parfois, on me klaxonne, parce que je ne fais pas attention. Je peux perdre le fil des conversations assez rapidement.

Être en société est un effort parfois considérable. Ce qui explique par moments mon comportement assez distant et solitaire en fin de soirée.
Je suis assez éponge. Ou miroir. J'ai tendance aussi à adopter les manières des gens avec qui je parle. Comme si je ne parvenais pas à me définir moi-même (et aussi loin que je me souvienne, j'ai souvent été comme ça). En soi, ceci est aussi un effort. Je me rends compte que la plupart du temps, je ne sais pas vraiment quoi faire. Si l'autre n'engage pas la conversation, il y a peu de chances pour que je le fasse vu que je n'ai aucun goût pour les bavardages et que j'ai une incapacité à combler les blancs.

Il y a aussi un autre truc qui me laisse perplexe, et pourtant je le sais, et on me l'a expliqué cent fois. C'est le maquillage. Le système apparence/être. C'est un truc que je n'intègre pas. Et quelque part je suis plus ou moins piégée, parce que ma manière d'être et de fonctionner ne sera jamais vraiment acceptée.

Voilà voilà... la suite une autre fois, quand j'aurai réfléchi sur mon enfance et de comment j'étais à cette période. Peut-être que je trouverai une solution!
Samedi 22 août 2009

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Il était une fois...

Une personne, qui avait du mal à aller vers les autres. Cette personne avait quelques difficultés à maintenir son attention dans une conversation, si bien qu'elle perdait le fil, plongée dans ses pensées. Un rien pouvait la distraire, et alors pendant quelques instants, c'était fini, elle n'était plus là, et quand elle revenait elle était seule. Pas physiquement, mais mentalement, parce que les conversations se poursuivaient sans elle.
Elle en était parfois ennuyée, mais finalement n'en faisait pas grand cas. Quand elle était trop longtemps dans un milieu social, elle ressentait le besoin de s'isoler et de recharger les batteries.

Etre seule sans voir personne durant un weekend ne lui posait pas particulièrement de problème. Vivre en communauté était quelque chose de difficile. Pas insurmontable, mais dérangeant, perturbant.
Parfois on lui faisait la remarque qu'elle ne regardait pas les gens qui lui parlaient ou avec qui elle parlait. Ce n'était pas forcément volontaire. Elle ne voyait pas le problème ni ne réalisait que c'était une gêne pour les autres, voire que c'était impoli. Elle avait en outre un problème de contact oculaire. Elle avait horreur de regarder les gens dans les yeux si bien qu'elle évitait de le faire autant que possible. Même les gens croisés dans la rue, elle évitait leurs yeux quand ils étaient trop près.

Elle prenait parfois les choses au pied de le lettre ou dans certaines occasions, elle ne distinguait pas vraiment le second degré. Pourtant, le second degré, elle en usait et en abusait, avec délectation. Car elle aimait l'humour, les jeux de mots et l'ironie. Il lui était déjà arrivé de se retrouver dans une situation un peu embarrassante parce qu'elle n'avait pas compris que c'était de l'humour. Heureusement, rarement!

Elle ne ressentait pas le besoin de particulièrement s'informer sur les autres. Pas forcément par indifférence, mais simplement parce que cela ne lui venait pas à l'esprit. Aussi ne téléphonait-elle quasiment jamais. Heureusement, la technologie aidant, msn résolut la situation... partiellement. Il lui arrivait de ne pas se connecter, et cela ne posait pas vraiment de problème - pour elle. Quand on lui disait qu'on n'avait pas eu de nouvelles d'elle, elle disait "ha ouais... j'étais pas connectée..."
Elle oubliait parfois son téléphone, si bien qu'il se déchargeait. Et quand elle en avait besoin, la batterie était épuisée. Elle avait beau le savoir, cette "erreur" se répétait encore et toujours. [heureusement que les blogs existent, hein?]

Revenons à sa distraction. Elle avait quelques difficultés à rester concentrée sur un sujet trop longtemps. Elle se dispersait pas mal. Finalement, elle avait du mal à commencer ou à finir des projets et changeait d'activité assez régulièrement. Elle avait quelques centres d'intérêts qui la passionnaient particulièrement, et là c'était beaucoup plus facile de garder sa concentration. En revanche, elle avait un manque d'organisation pas possible, et oubliait des choses importantes, comme des dates limites, des papiers administratifs. Sans son entourage (surtout sa famille), les choses seraient peut-être pire aujourd'hui. Il lui fallait parfois faire des listes et s'y tenir pour être sûre de faire ce qu'elle avait à faire. Autant fallait-il persister à faire ces listes...

Elle n'avait pas non plus grand intérêt pour la mode. Rechercher la dernière fringue "IN" ne la préoccupait pas du tout. A vrai dire, elle aimait se sentir à l'aise dans ses vêtements. Trop serré, c'était comme une prison. Elle ne se sentait bien que dans des vêtements assez larges ou du moins "mixtes" et surtout pas trop collants. On disait qu'elle s'habillait comme l'as de pique. Ou du moins, pas assez comme une fille. Elle avait aussi horreur du maquillage. Cela lui semblait terriblement pas naturel. En outre, elle ne supportait pas le parfum. Les odeurs la dérangeaient, et elle pouvait sentir certaines odeurs plus fortes que les autres. Tout comme elle pouvait entendre des sons... sans parvenir à savoir si c'était réel ou imaginaire. Pour couronner le tout, un ciel trop clair lui faisait mal aux yeux, et un plat épicé pouvait lui arracher les papilles, alors que d'autres ne sentaient pas vraiment les épices.

Avec tout ça, elle pouvait rire de tout, même du pire. Choquer les autres n'était pas forcément le but. Il y avait encore des choses qui semblaient évidentes pour les autres et qui la laissaient perplexe.
Ajoutez à ceci une certaine timidité et une tendance à faire le clown pour contrebalancer, et vous obtenez un drôle de tableau.
Cette lassitude cyclique n'était pas signe d'une indifférence totale. Elle ne savait parfois pas comment alimenter une conversation. Parler de choses triviales ne lui venaient parfois pas à l'esprit. Alors elle restait silencieuse. "Je n'ai rien à dire, alors pourquoi parler?" disait-elle. Elle en disait très peu sur elle, ses journées, ses sentiments. Et à vrai dire, elle se sentait plus à l'aise dans son monde à écrire, dessiner ou jouer de la musique, qu'à parler de choses qu'elle ne parvenait pas à dire.

Ce n'est pas qu'elle n'aimait pas les gens. Seulement qu'elle avait une vision du monde assez différente. Ni en bien ni en mal. Seulement différente.

Fin?


Si vous avez aimé cette histoire, bienvenue dans ma tête.
Si vous vous avez les mêmes "symptômes", bienvenue au club.
Dimanche 16 août 2009

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J'ai été cueillir les fleurs le dimanche
D'un bois aux feuilles d'argent
Les pas se pressent, l'esprit se relâche
La voix se laisse aller au vent

Ils sifflent, ils virevoltent, touchent
Les fils qui jaillissent de mon cœur
Vers l'écorce sèche d'une souche
La sève récolte le sang, la chaleur

J'irai encore verser mes larmes dorées
Sous le soleil, qu'un amant doux donnera
Les branches se courbent encore à l'orée
Entre chien et loup, l'âme chantera

Les pétales se dispersent et courent
Suivent la toile, suivent la roue
Des dédales de vies qui naissent d'amour
S'envolent et se déposent sur nos joues

Enraciné entre ciel et terre
Le temps traverse mers et rivages
Vole, aussi vivace qu'un courant d'air
Les minutes s'attardent dans les feuillages

Serais-je moi aussi un esprit du lieu
Observant les saisons sous la peau
Garderais-je toujours un air curieux
Saurais-je distinguer le vrai du faux

J'irai m'accrocher aux branches vertes
Par mes jambes, mes bras suspendus
Respirer, puiser l'Inspiration découverte
En ferai sortir les sons entendus

Fermer les yeux sur les lendemains
Laisser venir ce qui y vient peut-être
Tendre l'oreille, tendre les mains
Vers le chêne, le frêne, ou le hêtre

La terre noire nourrit l'enfant
Le fleuve taché d'esquisses le berce
L'inachevé se poursuit lentement
Le feu se lâche, le temps se perce

Je respire enfin à plein poumons
Je sais que je ne sais presque rien
Au fond d'une vallée, au sommet d'un mont
C'est sous mon arbre, que je suis bien

Une place parmi ceux qui ont voyagé
Foulé la terre de mes ancêtres
Qui ont laissé leurs mots imagés
Flotter dans l'air, devenir êtres

Je suis de ces sons qu'on peut entendre
Parfois, quand vient l'heure soufflée
Celle de se taire, de se détendre
De sortir du chaudron et de respirer.
Lundi 13 avril 2009

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Peut-être demain recommencerai-je à rêver
Alors je pourrai enfin voir mon ombre se mouvoir
Entre les rais de lumière qui passent dans les persiennes
Elle est partie, un jour, sans crier gare, sans laisser de traces
Pfuiiit, égarée, perdue, sans attaches, sans amarres
Le vent l'a portée loin, quelque part, dans un lieu oublié

Mes idées claires-obscures se fondentet s'enchaînent
Dans un western de bric et de broc aux paillettes désuettes
J'envie le chien qui hurle à la lune, il a l'air de savoir
Il ne se pose pas la question, l'existence est facile
Il suffit de respirer au fond, il n'y a rien de plus simple
Qu'en est-il de la vie qu'on s'octroie sur un coup de tête?

L'art est aisé dit-on la critique difficle, ou bien l'inverse
Qu'importent les orages sous les toits de chaumes
Le vent souffle les réponses au cancres et ahuris
Les autres restent coi et se mouillent les pieds
Sans les flaques invisibles de la prétention modeste
Une chaîne au poignet, de l'un à l'autre, au bout...

Il y a mon corps, sans ombre, sans repères
Elimé, blanchi, javélisé, peroxydé, diaphane
J'ai un numéro, je l'ai joué cent fois dans l'arène
On applaudit les ânes et les benêts, on rit
On traîte les monstres d'imbéciles et de rois
Les borgnes ont la larme à l'oeil, l'aveugle voit

Je veux revoir mon ombre me montrer le soleil
Il tourne sans cesse, et je suis en retard
D'une nuit à l'autre, les ténèbres m'envahissent
Le public se gausse, en silence, l'oeil vicieux
Les serres lacèrent les chairs innocentes
Je rêve enfin... au centre de l'arène

Je ne suis qu'ombre et lumière
La poussière ne m'atteint pas
Je la jette
Mercredi 10 octobre 2007

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J'ai vu les dieux transpercés de lumières
Dans une allure de vieux lampadaires
Les villes se faire la malle

Les murs écrasés sous les satellites
Lèchaient l'asphalte brûlante de l'atmosphère
Les pavés se levèrent

Terre et ciel se chevauchèrent
Déchirant les pages de leur histoire
Tremblement et fureur

UN CRI!

Cours, cours, il est encore temps
Ne ferme pas les yeux
Tu les entends déjà

UN CRI!

Les chemins s'explosent mutuellement
Se dérobent sous les portes, s'emportent
S'envolent

Envole-toi!

Reste, pars, décide
Les volets s'ouvrent, les fenêtres se réveillent
Enfin après ces années d'obscurité

L'esprit s'envoie en l'air dans une gerbe d'étincelles
Les corps chutent, se creusent
Ils se morfondent dans leurs chambres

Le sang!

Il court, lui, sans arrêt, même mort
Il court encore, te fouette, te piétine
Arrache ton coeur et tes souvenirs

Le souffle!

Il brûle, crépite, s'éteint, se rallume
Hurle, râle, exteriorise ce qui est dedans
Caché sous tes couvertures

La sueur, la fureur, tes yeux se livrent
Ce sourire en coin de rue ne faiblit pas
Je suis le dément le fou du roi

Le roi!

Il est mort! Je l'ai tué de mes mains!
J'ai pris sa couronne et l'ait jetée dans les flames
J'ai pris son trône pour en faire une table

Son sang s'anime sur ma peau pâle
Mes veines cherchent le contact salvateur
Vidées, elles sonnent comme des harpes éoliennes

Je m'enfuis, regagne le chaudron
La terre, la boue, l'argile, je sculpte mon lit
Je dors les yeux ouverts je regarde la nuit

Reviens, reste où tu es, décide
Plus rien n'existe, tout est illusion, hologramme
Les prismes se brisent sur les comptoirs de ton absence.
Mercredi 10 octobre 2007

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